La Sorne, cette rivière suisse qui coule des Genevez à Delémont via le jardin de l’abbatiale de Bellelay avant de s’échapper par la Birse puis le Rhin dans la mer du Nord, a sur son cours supérieur creusé les vertigineuses gorges du Pichoux qui dès le 18e siècle ont frappé les amateurs de pittoresque. Au pied de ces gorges se love Undervelier, un village qui a connu la prospérité et le déclin de ses forges, l'exode rural et le réinvestissement par des pratiquants de la sobriété et de la vie alternative.
Sorrn raconte la Sorne du Jurassique supérieur jusqu'à nos jours, via le règne du en entrecroisant des voix issues d'entretiens que Montavon a réalisés avec ses riverains qui, tandis qu'ils évoquent leur rapport au paysage, révèlent les urgences qui frappent notre monde.

4 – Pièce radiophonique
Avant-première : Aligre FM, 04.10.2022
"La vie est un roman" par Yves Tenret

5 – 19.11.2022
La Sorne / Sorrn
livre aux éditions du Sauvage, Porrentruy
photographies par Daniel Caccin, texte par Stéphane Montavon

6 – 04.12.2022 Promenade discutante et musicale
au départ d'Undervelier
avec Matthieu Jaccard et des interventions de
Laure Betris / Antoine Chessex / FunB Orchestra & Gilles Schwab + invités

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1 – Essai littéraire sur la Sorne & l'itinéraire esthétique de Bâle à Bienne
par Stéphane Montavon

juin 2022
2 – Workshop & Summercamp « Sublime Now » pour Schule für Gestaltung Biel/Bern
par Stéphane Montavon, en compagnie de Clément Crevoisier, historien
et « Carte du Bâle à Bienne »
Voir en plein écran

août-septembre 2022
3 – Installation sonore à l'abbatiale de Bellelay
+ Antoine Chessex solo action (13.08.22)
open 15-20 | 13.08/20.08/27.08/02-03.09.2022









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ensemble
Stéphane Montavon auteur, artiste sonore, production
Antoine Chessex saxophone, artiste sonore
Matthieu Jaccard historien de l'architecture et performeur
Gilles Lepore, graphisme et scénographie
Laure Betris guitare, voix
Gilles Schwab clarinette, direction
FunB Orchestra section de cuivres, fanfare Union de Bassecourt
+ invités

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Hentzy & Rosenberg, la cascade à triple saut, 1808

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Script
Les gorges du Pichoux ont été un itinéraire esthétique dès la fin du 18e siècle, au moins depuis la Promenade pittoresque à travers l'évêché de Bâle au bord de la Birse, de la Sorne et de la Suze de l'écrivain-paysagiste bernois Rodolphe Hentzy, mais avant tout un lieu de fabrication industrielle, sous l'Ancien régime déjà et connaissant un âge d'or au 19e siècle avant de finir racheté fermé par une fonderie concurrente sise en la gorge parallèle de Moutier, l'établissement de forges ayant été déterminé par la présence d'eau vive canalisable, de forêts abondantes et, dans la région, de minerais de fer, transformant le paysage, cette dimension masque la première, enfin ces gorges sont devenues un lieu d'expérience de la vie alternative, de retours à la source et aux bas loyers, à l'existence communautaire, anti-industrielle et anti-capitaliste, des années soixante à nos jours où la collapsologie fait rage et voit fleurir au Pichoux des candidats à l'échappée hors du monde. Ce renouveau réactive les deux périodes précédentes : la valorisation esthétique et l'accès à l'eau et aux ruines industrielles.
De là, on entreprend d'entrecroiser les trois fils historiques esquissés en sorte d'aboutir à la fiction d'un essor "survivaliste" de la région: une deuxième vague d'échappants vient d'ajouter sur sa carte les gorges de la Sorne, sa belle côte sud et le village de Soulce en particulier, comme lieu de colonisation, de survie ou d'extinction moins indigne, et commence alors à y déferler, se confrontant à la première vague d'utopiste et aux locaux éberlués.

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avec le soutien indispensable
de Pro Helvetia, Canton du Jura, Literaturausschuss BL/BS, Les Battements de l'Abbatiale, Commune de Haute-Sorne, association Under'Action, Musée Jurassien d'art et d'histoire Delémont